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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 05:42

 
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a) Ce n'est au moins pas mon intention et l'hypothèse dont je vais maintenant vous entretenir implique assez de possibilités de vérifications expérimentales pour qu'on puisse décemment parler d'hypothèse scientifique. J'ai déjà évoqué cette hypothèse plus haut quand j'ai supposé que le module transmettait deux messages. Dans les deux cas, les neurones activés sont à la base de ces messages. Mais si le premier emprunte la voie des axones selon le schéma classique, il n'en serait pas de même du second.
 
 
b) La physique nous apprend que le déplacement d'une quantité de charge électrique produit un champ magnétique d'une grandeur proportionnelle à cette quantité dans une direction perpendiculaire à ce déplacement. Lorsqu'un neurone est activé, sa membrane, quasiment sphérique, subit une succession de polarisations et de dépolarisations. Ces phénomènes équivalent au déplacement pluridirectionnel d'une certaine quantité de charge selon un processus oscillatoire. Ainsi l'oscillation périodique de la membrane des neurones produit dans toutes les directions une modulation périodique du champ magnétique qui parcourt l'espace cérébral à la vitesse de la lumière, en même temps qu'elle produit un potentiel d'action qui parcourt la fibre de l'axone.
 
 
c) Cette modulation du champ magnétique observable en tout point de l'espace cérébral constitue une information virtuelle sur l'activité du neurone considéré. Il est toujours loisible de supposer, en un point donné du cerveau, un système matériel apte à être affecté par cette modulation. Il serait logique de considérer alors que cette affection sera modulée elle-même selon une courbe de modulation isomorphe à la modulation du champ. L'information sur l'activité du neurone considéré ne serait plus virtuelle alors, mais actuelle.
 
 
d) S'il n'y avait qu'un seul neurone activé à la fois dans le cerveau, cette information pourrait avoir un contenu intéressant dans la mesure où elle varierait selon le type de neurone considéré. Selon leur taille et le rythme des oscillations qu'ils produisent en déchargeant, on peut considérer en effet qu'il existe plusieurs types de neurones, une centaine peut-être. Cependant un neurone n'est jamais activé seul ; il en existe des milliers d'activés en même temps que lui et d'une façon qui a priori n'est pas coordonnée. Le point de l'espace cérébral où serait susceptible d'être modulé un affect en fonction d'une modulation du champ magnétique serait affecté en réalité par des modulations extrêmement diverses qui interfèreraient de façon totalement désordonnée et il ne produirait rien qui eût un quelconque intérêt informatif.
 
 
e) Une hypothèse est alors à envisager. C'est celle que les neurones d'un même module, concentrés dans un espace de quelques millimètres cubes, seraient disposés d'une certaine rigoureuse façon. Lorsque parviendrait à ce module, par la voie axonale, un message donné, un nombre donné de neurones entreraient en activité de façon rigoureusement synchrone et ordonnée singulièrement. La distribution des phases d'oscillation et des période de latence entre les décharges serait telle que la modulation du champ magnétique produite par l'activité d'ensemble du module serait unique et pourrait alors engendrer, là où elle serait productrice d'affects, une modulation affective unique également et reconnaissable sur le "bruit de fond" des modulations présentes.
 
 
f) Ainsi ce dont je ressens l'effet encore, la chute de la bûche sur mon petit orteil, serait l'élément déclencheur d'une série de faits qui conduiraient à cette sensation particulière que j'éprouve d'une façon que je pourrais totalement concevoir. Des récepteurs sensoriels du petit doigt de pied partiraient dans les axones du nerf de la jambe des potentiels d'action qui parviendraient au module de l'orteil idoine. Dans le module, des neurones de type déterminé entreraient dans une activité continue et rythmée qui ne pourrait avoir son pareil dans aucun autre module du cerveau. Cette activité de nature électrique et oscillatoire engendrerait une modulation continue du champ magnétique qui se propagerait dans toutes les directions. En chemin, cette "onde" rencontrerait un point sensible aux modulations magnétiques. Il existerait une grandeur instantanée résultante de toutes les amplitudes d'intensité du champ existant en ce point sensible à un instant donné. De cette grandeur instantanée dépendrait au même instant une grandeur instantanée d'affect. Ainsi, désormais, la modulation d'affect qui se produirait au point sensible comprendrait une modulation isomorphe à celle qui se produirait dans le module du petit orteil. Et j'aurais mal au petit orteil. Une ritournelle aux inflexions bien sûr imperceptibles se serait installée dans mon champ de conscience et y resterait tant que le module du petit orteil continuerait de la jouer.
 
 
g) Ainsi, du module récepteur partiraient bien concuremment deux messages. Le premier, par la voie des connexions, transmettant au réseau central l'information détectée pour qu'elle y soit transformée en un objet de pensée et de langage. Le second, par la voie des modulations du champ magnétique, s'appuyant certes sur l'activation en boucle d'un réseau de connexions interne au module, mais produit par la résultante particulière dans le temps des oscillations collectives et périodiques des neurones ainsi activés. C'est la réception du second message par un récepteur sensible et sa transformation en une modulation d'affects isomorphe qui produirait le quale de la sensation.
 
 
 
 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 14:05

 

Une enseignante de Seine-Maritime vient d'être suspendue pour avoir demandé à ses élèves une minute de silence à la mémoire de Mohamed Merah. Certes l'initiative était discutable. Mais y a-t-il eu discussion ? Non ! la sentence a été immédiate sans qu'on laisse l'intéressée s'expliquer, justifier la raison de sa demande, la réflexion qu'elle voulait sans doute entamer avec sa classe à partir de là. Peut-être sur ces minutes de silence qu'on commande aux enfants depuis le 11 septembre 2001, sur leur sens unique et qui peut être un sens inique.

 

Le 11 mars, le sergent Robert Bales de l'armée américaine est entré l'arme au poing dans des maisons de villageois afghans. Il a tué dix sept personnes, pas sept, dix-sept, et des enfants là aussi, et des femmes. Le président de la république est-il descendu dans une école primaire pour dire à des bambins que Robert Bales était un monstre ? Quand des manifestations secouaient l'Afghanistan partout contre ce terrible crime de guerre, y a -t-il eu une minute de silence réclamée aux écoliers français ? Mais quoi ! me dira-t-on, c'est loin de nous, ça ne nous concerne pas vraiment ! Mais alors, si ça ne nous concerne pas, que font les militaires français là-bas ? Pourquoi sont-ils les compagnons d'armes des Robert Bales ? Pourquoi font-ils la même guerre, contre le même peuple en obéissant aux mêmes chefs ?

 

Robert Bales, un isolé ?  Le dix neuf septembre 2009, une unité des forces otaniennes arrive par avion près de la frontière pakistanaise, les militaires font sortir des maisons dix personnes, dont huit écoliers de 13 à 18 ans et les abattent sur place. Des étudiants manifestent dans plusieurs villes d'Afghanistan, brûlent des mannequins et des drapeaux pour protester. Et du silence ici ? Ah oui, du silence ! Du silence pour taire l'information, pas pour s'en émouvoir ! Et des silences de black out aussi sur tant de villages écrasés de bombes par bavure et dont on ressort femmes et enfants tués ou infirmes.

 

Du silence d'étouffement aussi, sur ce million de morts musulmans au moins par suite de l'invasion et occupation de l'Irak, sur ces plusieurs millions de blessés dont beaucoup condamnés à la mort lente après irradiation à l'uranium appauvri.

 

On n'étouffe pas la vérité tout le temps, partout. Les frères, les cousins, les copains, les jeunes coreligionnaires de Mohamed Merah finissent par la savoir sur le banc des écoles où on leur commande des minutes de silence toujours pour les mêmes victimes. Et jamais pour celles en qui ils peuvent reconnaître de lointains frères ou soeurs de foi, et donc de coeur.

 

Je veux bien qu'on condamne la minute de silence de l'enseignante de Rouen. Mais qu'on réfléchisse à deux fois avant d'en ordonner de futures aux gosses. On doit leur apprendre l'arithmétique aussi  et la distinction juste des poids et des mesures.

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 09:29

Non, non, vous n'aurez pas là toutes les noces ! la vidéo aurait été deux fois plus longue et il m'aurait fallu un ange pour jouer avec moi !  Au moins aurez-vous là une bonne partie du monologue de l'ivrogne dans ce "mistero buffo", mystère bouffe de Dario Fo. Ivrogne qui propose sa version bien à lui des fameuses noces !

  Dans ce printemps gâché par une attente crispante, il nous faut bien essayer de sourire ! j'espère que ça vous y aidera !   

 

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 13:07

   Quand je découvre les blogues des amis et que je les compare au mien, je m'attends incessamment à recevoir le reproche d'être beaucoup trop sérieux... Oh ! vous savez, je suis encore plus sérieux que vous ne le pensez ! ne le voit-on pas sur cette vidéo ?  

 

 

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 09:25

                  

 

Les primaires socialistes ont été  un incontestable succès. Elles ont captivé l'opinion, occupé les médias, mobilisé les militants socialistes et beaucoup de sympathisants pendant plus d'un mois. Il y a eu quatre grands débats télévisés, trois avec tous les candidats du premier tour et un face-à-face Hollande-Aubry particulièrement suivi.

 

Pour la première fois ces primaires étaient ouvertes. Tous ceux qui se reconnaissent de gauche pouvaient y participer. Et, de fait, la participation a été très forte. Près de trois millions d'électeurs hors d'une consultation électorale nationale et classique, c'est proprement inédit.

 

 Les échanges ont été vifs pendant la campagne d'alors. Dans le face-à-face du second tour, Martine Aubry a très fermement exigé que le candidat socialiste s'engage pour un réel changement, s'appuie fermement sur le "peuple de gauche", oeuvre réellement pour l'égalité comme la première secrétaire s'y est engagée en président à l'élaboration du programme socialiste.

 

Les électeurs ont tranché. Hollande a été désigné candidat socialiste non par l'appareil du parti, non même par ses militants mais par cette primaire ouverte à toute la gauche, dont il a désormais la tâche d'incarner l'espoir.

 

On aurait pu penser que, dans ces conditions, Jean-Luc Mélenchon renonçât à se présenter, que le mouvement très fort de réconciliation des socialistes après le rude débat qui venait d'avoir lieu ne fût pas gâché par la candidature d'un représentant du front de gauche très critique envers les socialistes et qui risquait de faire renaître la division dans le camp de l'alternance tant souhaitée. On aurait pu penser que le Front de Gauche eût mis son énergie, non pas à soutenir à fond Hollande dont le programme se distingue quand même passablement du sien, du moins à préparer les prochaines législatives qui, si Hollande est élu, vont être décisives pour l'orientation de son mandat.

 

Mélenchon s'est présenté, c'est un fait que je regrette mais dont je prends acte. Seulement attention ! Il y a eu un esprit des primaires qui a prévalu, c'était d'abord celui de ne jamais compromettre par des attaques internes à son camp, son unité et sa crédibilité vis-à-vis des Français. Nous savons la fragilité des sondages, la versatilité de l'opinion, la hargne de Sarkozy, son aptitude à faire feu de tout bois pour gagner des suffrages, à allécher par des promesses, à jouer avec la xénophobie, à mener des coups tordus, à profiter de tous les aléas, du fait divers à la crise internationale (qui peut être guerrière avec les menaces pesant sur l'Iran) pour se poser en père prodigue, justicier ou sauveur. Tout cela doit inciter à la retenue ceux qui, à gauche, voudraient gagner des voix en utilisant Hollande comme un punching ball. Mélenchon l'a fait et risque de le refaire. Je ne nie pas qu'il représente des gens exaspérés par la situation actuelle qui leur est faite, très incrédules sur les capacités du système à se réformer véritablement pour aboutir à une réelle justice. Je ne nie pas la colère sociale et la nécessité de changements radicaux. Mais je suis de ceux qui pensent que manquer le rendez-vous du six mai serait catastrophique, instaurerait une désespérance à tous risques face à un Sarkozy plus libre de tout abus que jamais.

 

Il en est, je le sais, qui disent que Mélenchon, par sa virulence contre le système, peut justement retenir ou ramener à gauche ceux que cette désespérance oriente vers l'extrême droite. Attention qu'il n'y ait pas cependant de concours de démagogie. D'autres disent que Mélenchon pourra pousser au vote ceux qui, désabusés, allaient s'abstenir. J'en conviens si l'on veut. Mais parcourant les articles, les billets, les blogues, je lis des phrases inquiétantes, comme celles de Yéti :"Le seul vote vraiment utile qui vaudra, ce sera Mélenchon au premier tour !...J'explique. J'irai pas voter pour votre Hollande au second tour. J'irai pas. Et je vous fiche mon billet que je ne serai pas le seul à gauche..." Ce sera la responsabilité de Mélenchon, non seulement de ne pas encourager implicitement une telle attitude en présentant de Hollande une caricature perpétuelle mais de la combattre clairement par avance. Si Hollande, comme je l'espère malgré tout, parvient au second tour, il ne faudra pas qu'il lui manque des voix à gauche comme il en a manqué à Jospin en 1995, en 2002 (si on peut dire !...) ou à Royal en 2007.

 

Bien sûr je ne demande pas à Mélenchon de faire l'accolade à Hollande au soir du premier tour comme Aubry l'a fait la nuit 16 octobre. Mais, même s'il n'a pas participé aux primaires, d'en retrouver l'esprit et de le garder... au moins jusqu'au 6 mai !

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 08:14

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a) Mon hypothèse est que le module activé transmet en réalité deux messages. Un par la voie connue des connexions et un autre par une voie non encore explorée qui n'est pas celle des axones. Ce second message finit par atteindre un certain lieu très réduit et unique dans l'espace corporel où la matière est disposée de telle façon qu'elle réagit au message par la production d'affects. Ainsi la douleur à l'orteil aurait bien sa source, comme tout quale, dans l'espace du corps mais elle prendrait sa forme dans un autre espace, adjacent au premier... celui du temps.
 
 
b) Lorsque nous entendons par hasard, enchaînées dans le bon rythme, la succession de ces notes : do, do, do, ré, mi, ré, un objet musical, compact et familier, surgit dans notre conscience, un couplet d'Au clair de la lune. Si nous avions entendu : la, sol, fa, mi, ré, do, ré, mi, c'est Ils étaient trois petits enfants ou La légende de Saint-Nicolas que nous aurions nommé ce nouvel objet aussi différent du premier que le parfum de la rose est différent du parfum du lilas, par exemple. Proust parle de ces individualités que sont les phrases musicales, parmi lesquelles celle "aérienne et odorante" à laquelle Swann est attaché. Or il ne nous vient pas directement à l'esprit que ces phrases qui imposent leur présence à notre sensibilité comme des réalités uniques sont faites des mêmes notes seulement différemment distribuées ou quantifiées. Il ne nous vient pas à l'esprit que c'est dans le temps et dans le temps seulement qu'elles trouvent leur existence comme la trouvent dans l'espace -du moins le croyons-nous- les objets immobiles que nous distinguons.
 
 
c) Or, de même que ces objets nous paraissent exister dans l'espace de façon irréductible, les contenus de notre conscience nous paraissent à chaque instant exister de façon définitivement compacte. L'image que nous fixons dans la seconde où notre oeil est immobile ne nous paraît pas exister que dans l'étendue de cette seconde-là mais dans celle d'un centième, d'un millième, d'un millionième de seconde et aussi nettement constituée qu'elle l'est dans un durable instant. Pour les contenus plus directement affectifs comme les sons purs, les odeurs ou les douleurs du corps, notre sentiment est bien entendu le même.
 
 
d) Mon idée est qu'il n'en est pas réellement ainsi. Je parle bien entendu des contenus de conscience qui paraissent figés dans une durée minimum : une odeur que je respire, une note tenue que j'entends, cette douleur à mon petit orteil. Toutes ces sensations peuvent être considérées comme fixes dans une durée d'au moins 80 millisecondes, étendue de temps en-deçà de laquelle il ne paraît pas pouvoir exister d'objet de conscience reconnaissable. L'intuition ordinaire est qu'une sensation qui durerait moins de 80 millisecondes serait trop faible pour être perçue mais n'en serait pas moins constituée de la même façon que celle qui frappera ma conscience. Mon intuition est au contraire que sa forme est différente.
 
 
e) Supposons un instant que ma douleur à l'orteil est l'unique objet qui affecte ma conscience. Si je considère ce qui existe dans celle-ci pendant une durée d'une milliseconde, je puis très bien dire qu'il n'existe rien puisqu'un phénomène affectif inférieur à 80 millisecondes n'est pas perçu. Je puis dire aussi qu'il existe un affect de même qualité que celui que je perçois mais d'une intensité quatre-vingt fois moindre. Je puis... encore dire beaucoup de choses sans doute. Je puis aussi dire enfin qu'il existe un affect qui n'a pour ainsi dire pas de qualité mais qui a une intensité qui n'est pas la quatre-vingtième partie de l'intensité de l'affect senti mais qui est variable en fonction de sa position dans une modulation périodique de l'intensité. Il aurait aussi un signe positif ou négatif, euphorique ou disphorique. Agréable ou douloureux devrais-je simplement dire si je voulais parler de plaisirs ou de douleurs tels qu'on les ressent. Mais je veux parler ici de plaisirs ou de douleurs absolument purs et absolument primaires, liés directement aux phénomènes matériels qui assurent le passage de l'objectif au subjectif.
 
 
f) Ainsi donc il y aurait un affect que j'appelle primal qui serait produit dans le cerveau lors d'une excitation sensorielle et qui serait sans cesse modulé jusqu'à ce qu'au bout d'un certain temps (80 millisecondes apparemment), sa modulation devienne objet de conscience. La modulation d'affect produite par l'écrasement de mon petit orteil droit différerait sans doute extrêmement peu de la modulation d'affect produite par l'écrasement de mon petit orteil gauche mais cette différence serait suffisante pour que je sente bien que c'est mon petit orteil droit qui est écrasé et pas le gauche. Evidemment si c'était le gros orteil et pas le petit,la différence serait un peu plus forte, et encore plus s'il s'agissait non des doigts de pied mais de la main. Et des nuances de modulation différentieraient tout autant les coups à l'annulaire, à l'index, au majeur etc.
 
 
g) Ce qui existerait au niveau somesthésique et tactile ne pourrait-il pas exister de la même façon au niveau olfactif, sonore et... visuel ? Je vois mal a priori d'objections à cela. Sans doute pourrait-on concevoir prudemment un type d'affect qui serait particulier à chaque sens. Mais ce serait affadir inutilement l'hypothèse. La variété des contenus sensibles, sans doute inépuisable, pourrait être produite par la variété des modulations si celles-ci ont la finesse qu'il faut. Un bon saphir sur un microsillon neuf peut restituer par sa seule vibration toutes les couleurs orchestrales, toutes les nuances, tous les timbres d'instruments qui diaprent la Mer de Debussy. J'ai parlé d'une durée d'un millième de seconde mais j'aurais pu parler d'une durée inférieure au millionième de seconde séparant deux inflexions d'une modulation d'affect extrêmement fine. Sans doute faut-il admettre une limite dans la finesse des modulations mais tout comme il faut en admettre une dans le pouvoir discriminant de notre sensibilité.
 
 
h) Peut-être me ferez-vous la faveur de considérer mon hypothèse intéressante mais ce sera aussitôt pour dire que rien dans l'observation psychologique ne vient l'étayer. Je n'en suis pas si sûr. Dans le domaine acoustique par exemple où les sensations peuvent être mises en rapport avec des données physiques précisément connues, une constatation me paraît révélatrice. C'est celle que les notes de la gamme ne sont pas perçues avec le même "relief" selon leur hauteur. Bien sûr les notes des premières harmoniques paraissent également lisses mais, quand on descend la dernière harmonique, on perçoit nettement un aspect tremblé ou trémulé qui s'accentue de note en note et est indiscutable pour le dernier do. Ce do vibre à une période de 34,7 Htz, le la naturel vibre à 440 Htz. Si l'on suppose qu'il y a un type d'affect propre aux sensations sonores, on peut supposer du même coup qu'il y a une modulation de cet affect isomorphe à la vibration sonore et de même période en tout cas. S'il n'y a pas un type d'affect spécifique à chaque sens, on peut quand même admettre que la courbe de modulation propre à la sensation sonore qui ne serait plus une sinusoïde simple mais une sinusoïde plus ou moins complexe garderait la même période que la vibration. Pour le la naturel, cette période serait de deux millisecondes et elle serait bien inférieure à la durée de 80 millisecondes qui est celle de l'étendue du champ de conscience. La perception d'une sensation lisse serait alors aisément compréhensible. Pour le do de la dernière harmonique, cette période serait de 30 millisecondes, soit plus d'un tiers de l'étendue du champ de conscience et cela expliquerait que, quoiqu'on ne perçoive pas la modulation de l'affect, on ressente cette sensation de trémulation qui en est assez proche.
 
 
i) D'autres observations psychologiques ou psychométriques à partir d'excitations sensorielles calibrées sont possibles. Je crains cependant qu'aucune ne donne des résultats bien probants. Il faudrait pour cela que l'observation inclue la physiologie du cerveau et il faudrait, pour qu'il y ait quelque chose d'observable, que la modulation de l'affect ait en quelque sorte une matrice physique, qu'un déchargement d'énergie, une tension, une force se module de façon isomorphe. Selon la conception la plus simple, la modulation de l'affect correspondant à une excitation sensorielle donnée serait induite directement par la modulation d'une force à un niveau subatomique et cette modulation elle-même serait déclenchée par l'algorithme des potentiels d'action des récepteurs jusqu'à l'intérieur du module cortical. Il serait à craindre alors que rien ne transparaisse jamais de ces modulations totalement imperceptibles dans le vaste champ d'activité microphysique que constitue la matière cérébrale. L'idée des sensations produites par des modulations d'affect conserverait peut-être un intérêt spéculatif mais ne pourrait jamais prétendre à être une hypothèse scientifique. Et vous m'accuseriez avec juste raison de vous avoir ravi quelques précieuses minutes pour ne presque rien vous dire !
 
 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 07:58

 

Evidemment la neige peut séjourner plus longtemps ici que je ne l'ai affirmé la dernière fois. Celle que j'ai filmée quinze jours plus tard, le 5 février exactement, s'est même installée toute une semaine.  "Cum mortuis in lingua mortua" (avec les morts dans une langue morte) tel est le titre, peu guilleret je l'avoue, du morceau que j'ai choisi pour accompagner ma promenade. C'est un extrait des Tableaux d'une exposition de Modeste Moussorgsky.

 

 

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 10:02

  En présentant ce blogue, j'ai parlé d'une réflexion sur l'émergence de la conscience. Cette réflexion m'a conduit à concevoir un système d'explication que j'ai intitulé : le "modulisme" et qu'on pourrait considérer comme une alternative au connexionnisme...  

 


L'idée que le réseau des connexions neuronales pourrait engendrer de lui-même les contenus affectifs de la conscience ne me paraît pas acceptable. Sur l'origine de ces contenus, il existe peut-être une hypothèse alternative qu'on peut qualifier de scientifique. C'est cette hypothèse que je voudrais présenter ici.
 
 
 
1/4
 
 
a) Je partirai d'un fait très simple : une bûche m'est tombée sur le pied et le pied me fait mal. Après réception du message nociceptif, l'idée d'une douleur à mon pied gauche s'est certainement inscrite dans le circuit des connexions. L'idée, oui, mais pas la substance de la douleur qui se présente comme une force agressive et nettement localisée. J'ai ôté ma chaussure, ma chaussette et le dessus de mon pied, gonflé et rougissant, témoigne d'une présence maligne que mes doigts en palpant animent avec violence. A l'évidence la douleur est dans mon pied et n'est pas ailleurs. Le quale a bien une existence corporelle, localisée sûrement.
 
 
b) Cependant l'existence de membres fantômes pour les amputés, l'observation de douleurs à la jambe ou au bras par par des cul-de-jatte ou des manchots font définitivement une illusion de cette évidence. Comment la douleur pourrait-elle être localisée dans une partie de la jambe puisque ceux qui en sont privés peuvent y ressentir une douleur quand même ? Bernard Renaud rapporte dans un article de POUR LA SCIENCE comment des femmes, amputées d'un bras, pouvaient, en se maquillant les alentours de la bouche, ressentir une violente douleur à leur bras absent. Des chercheurs ont montré que les récepteurs péribuccaux se trouvaient désormais reliés dans le "corps de Penfeld" à des représentations corticales de ce bras.
 
 
c) J'imagine (hypothèse atroce !) que la bûche m'est tombée exactement sur le petit orteil. Ce petit orteil est vraisemblablement relié à un seul module cortical dans la représentation du pied. Les quelques milliers de neurones qu'il comporte vont, sans doute en grand nombre, entrer en activité. Ce module va donc être le siège de phénomènes électriques (parcours de potentiels d'action), chimiques (fabrication de neurotransmetteurs), magnétiques (j'en reparlerai) importants. Tous ces phénomènes vont être exactement contemporains de la sensation de douleur aiguë qui me fait gémir et que je ressens au petit orteil. Pourquoi alors ne pas concevoir que ces phénomènes vont directement et localement induire la substance même de la douleur ? S'il y a un module pour le petit orteil gauche, il y en a un autre pour le petit orteil droit. Si c'est l'orteil droit qui est meurtri, ce sera aussi le module de l'orteil droit qui sera affecté, on pourrait dire aussi infecté par la sensation douloureuse. Ainsi la douleur serait bien une réalité corporelle et donc matérielle, localisable comme toute réalité matérielle et qui changerait de nature du seul fait qu'elle changerait de lieu de production. Le corps de Penfeld serait le véritable corps sensible et les phénomènes physico-chimiques qui s'y produisent localement de façon consécutive au message provenant de telle ou telle partie du corps engendrerait la douleur ou plus généralement la sensation de façon directe, immédiate et spécifique au module "sensibilisé".
 
 
d) Pourquoi pas ? Je ne suis aucunement capable de démonter cette hypothèse qui, je l'avoue quand même, ne me satisfait pas du tout. D'abord parce que j'en suis resté à l'idée d'un cerveau insensible, c'est à dire formé d'un tissu qui ne réagirait pas aux excitations pour la bonne raison d'ailleurs qu'il ne serait pas parsemé par les terminaisons des récepteurs sensoriels. Ensuite parce que les observations sur les douleurs aux membres fantômes, en ayant ôté crédit à l'existence de sensations contenues dans le corps extra-cérébral, me semble aussi ôter crédit à l'existence de sensations localisées différemment dans le cerveau. Le besoin que nous avons de considérer ces sensations comme existant en dehors du circuit des connexions provient du fait qu'elles comportent un aspect affectif intense qui disparaît dans les entités abstraites produites par le cerveau computationnel. Tout se passe comme si nous distinguions dans les sensations spatialement situées un aspect proprement substantiel et intensif et un aspect de localisation qui aurait un fondement corporel et donc matériel. Il y aurait donc alors, comme le langage l'indique quand nous disons : "j'ai mal à mon petit orteil" ou "mon petit orteil me fait mal", une sensation de douleur interne qui se situerait dans le petit orteil. Dans le petit orteil et non dans le gros, dans le petit orteil droit et non dans le gauche. Sensation qui serait alors transportée et resituée dans un même repère spatial à trois dimensions dans les modules du cortex. Or la distinction que le langage opère ne me paraît pas exister dans le quale de la sensation. Je ne ressens pas une douleur et une localisation de cette douleur. Je ressens une sensation particulière que je peux qualifier de douloureuse et que je puis distinguer de sensations douloureuses voisines, ce qui me permet de la situer dans un certain repère corporel. Mais cette opération par laquelle je situe cette sensation dans mon corps est une opération de pensée qui ne peut intervenir que lorsque l'information dérivant du ressenti premier est engagée dans le circuit des connexions. Autrement dit, je ne "sens" pas que ma douleur est dans le petit orteil, je le "pense". Ce que je sens dans sa pureté de quale ne peut appartenir qu'au domaine -adimensionnel- des sensations. Il n'y a donc aucune raison de ce point de vue de vouloir faire sortir le quale du circuit des connexions pour l'installer dans un espace à trois dimensions reproduisant celui du corps où il est pensé être ressenti.
 
 
e) Une autre raison qui m'empêche d'adhérer à ce qu'on pourrait appeler la "théorie des modules sensibles", c'est qu'elle conduit à une atomisation de la conscience singeant la structure atomique de la matière. Ce qu'on a pu voir pour la douleur au petit orteil pourrait être transposé pour chaque type de sensation : somesthésique, tactile, olfactive, sonore, visuelle... Dans le million de modules corticaux que comporte le cortex visuel primaire naîtraient ainsi un million de points de conscience colorés, encollés on ne sait comment et qui produiraient l'image qu'on a sous les yeux. Non, pour moi, la question est tranchée définitivement. Les modules corticaux ne sont pas plus sensibles que le corps auxquels ils sont reliés, corps lui-même aussi insensible qu'un caillou.
 
 
f) Mais si la douleur sentie à l'orteil ne se trouve ni dans l'orteil, ni dans le module cortical de l'orteil, ni -c'était notre a priori- dans le circuit des connexions, où peut-elle être alors ? Bien sûr on peut toujours dire que la question de la localisation matérielle de la douleur n'est pas pertinente, que la douleur en soi ne se situe pas. Mais on ne peut nier que ce qui se rapporte à la douleur existe matériellement dans l'espace du corps et existe d'un façon qui donne pertinence à la notion de lieu. Si la douleur n'existe pas dans l'orteil, il existe bel et bien un message algique sous forme de potentiels d'action dans les axones d'un nerf qui part de l'orteil et qui, par divers relais, provient au module de l'orteil. Et si ce message algique est empêché de parvenir au module cortical, eh bien la douleur ne sera pas ressentie, n'aura pas donc d'existence. Ensuite, du module activé vont partir dans les axones "triés" en fonction des atteintes à l'orteil (écrasement, coupure, friction...) des potentiels d'action qui vont transformer dans le circuit des connexions le message sensoriel en une information significative que le langage pourra formuler. Mais si je dis que la douleur à l'orteil existe avant la la constitution de cette information et qu'elle existe à la fois après que le message algique est parvenu au module puisqu'elle n'existe pas dans le module, il faut bien qu'elle se produise ailleurs et il est pertinent de se demander où.
 
 
 


 
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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 09:54

 Oui, l'année est bien avancée déjà et cette carte  de voeux commence à dater. Mais comme mon blogue commence tout juste, on ne  m'en voudra pas de l'y mettre... (sauf peut-être certains qui ne tarderont pas à découvrir pourquoi !)

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 10:50

J'alternerai ici la publication de vidéos anciennes et d'autres assez récentes. Celle-ci ne date pas de deux mois. J'y joins une petite pensée pour nos amis de Lille et des alentours qui , hier, ont été visité par une toute autre neige...

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