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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 17:21

Cette vidéo est ma dernière du cycle Robert Walser. Quand je l'ai mis en ligne sur youtube, je la présentais ainsi :

 

 

Nantes. POL'N, le 25 janvier. Robert Walser. Avant-dernière soirée du projet d'Yves Arcaix. Un tableau qui se dé-peint. De l'encre qui s'épuise sur une silhouette peu à peu résorbée dans la blancheur de la feuille. Des phrases qui bruissent dans le bruit. Des mots qui volètent, se rythment, glissent autour du silence. Voix de liseurs sur la voix de l'écrivain. Ombre qui blanchit sur la neige. "L'art de la fonte ou le paysage de l'effacement" (Y. Arcaix)

 

 

 

 

 

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 06:30

 

                             4-  On s'égare parfois à Saint-Brévin.

 

   On s'égare parfois à Saint-Brévin. Quand j'y suis revenu ces jours-ci pour marcher dans les avenues comme il y a vingt cinq ans, je n'avais d'abord pas emporté de plan de ville. Ma mémoire se rassurait d'une géographie simplifiée. Le tracé droit de la Route bleue, l'étirement longiligne du front de mer, le parallélisme si souvent vérifié du boulevard de l'Océan et de l'avenue Roosevelt entre de petites rues orthogonales étalaient dans mon esprit un quadrillage de ville quasiment nazairien. J'avais oublié les étoiles, les coudes, les embranchements obliques, les bifurcations soudaines, les impasses dont on ressort perplexe. J'aurais même pu suivre l'allée des Cigales au-delà de celle des Bouillons et, la fatigue aidant, me persuader que j'étais aux Rochelets encore parce que, dans les dunes côtières, une impasse menait à une villa et à un bouquet de pins, et me retrouver au coeur de l'Ermitage, ayant marché depuis l'avenue de Mindin sans savoir où j'avais quitté les Pins, ni l'Océan, ni les Rochelets. Mais tôt dans la forêt ville j'ai voulu voir la mer. Je me souvenais d'une montée de rue (sans doute avenue Bernard) qui écartait entre les pins un pâlissement de ciel bleu. Au moins pourrais-je rejoindre vite le boulevard de l'Océan dont -à ce qu'il me semblait- on peut repérer au bout de multiples couloirs les sapins en bordure de côte. Peut-être même verrais-je immédiatement s'entrouvrir dans la perspective d'une avenue boisée une échappée sur l'immense scène de la mer. Mais j'avais aussi en mémoire ces dunes du rivage ombragées des mêmes frondaisons que les îlots escarpés des pinèdes... Une allée bombée sur le ciel m'essoufflait jusqu'à une impasse. Des ramures vert noir à hauteur de tête m'enfonçaient dans les Rochelets quand je croyais avoir remonté vers les Pins. Les troncs altiers, au coude de l'avenue, surplombaient des villas bien loin d'être côtières. Il était un peu plus d'une heure. Les chaudrées de moules, cuissons de chancrettes, casseroles de bigorneaux versaient jusqu'aux bords sableux des jardins d'éparses odeurs marines, aiguisaient mon appétit de la joueuse coquette qui me faisait signe de toute part et s'éclipsait toujours. Le ciel s'était tendu d'étamine et le soleil ne chauffait pas trop. Il faisait bon. On sentait même des remous de brise mais si peu que je fus intrigué de voir dans une avenue du ciel les plus hautes touffes des pins, étirées et assouplies, se peigner comme des herbes de rivière dans le courant d'une eau rapide. Mais déjà j'entendais la rumeur de la mer. Elle s'amplifia, précisa ses modulations comme j'approchais d'un tertre moussu, rocheux d'où la fusée des pins jaillissait entre les chênes verts et les houx. La vague derrière devait battre le contrefort, pensais-je, à peine surpris, dans ma fatigue et mon contentement de voir l'océan enfin, des lacunes ou des fantaisies de ma mémoire du rivage. Je contourne à demi la dune boisée et je tombe sur la route. Mais un chemin de sable monte en face et le bruit de la mer monte avec, dans des bourrasques inattendues. Ce n'est pourtant pas la mer encore, il faut gravir sous la rafale qui siffle une autre montée de dune. Alors, le front essuyant la tempête, je découvre, mais bien au-delà d'un désert pâle où se couchent des fumerolles, une petite mer mauve de rage s'efforçant de pousser sur un vaste glacis marron une troupe de vaguelettes en désordre qui perdent leur écume en route, une mer dont la plainte courroucée s'étoufferait au loin bien vite si ne la répétait, mais rivée au bord des dunes, la voix du vent.

 

 

 

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 10:31

Mais non ! le vieil agnostique que je suis n'entend pas se lancer ici dans la propagande religieuse ! ni vanter l'art saint-sulpicien qui triomphe dans ce grand parc des environs de Ponchâteau et qu'on apelle le Calvaire. Seulement j'avoue avoir goûté ce lieu en le revisitant après des lustres l'année dernière et j'ai trouvé que la musique de Vivaldi (premier couplet du Stabat mater) pouvait lui convenir. Et c'est quand même la semaine pour le mettre sur mon blogue...

 

 

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 10:11

 

                                                    3-Les Rochelets

 

  Suzette avait aux Rochelets son carré de sable qu'elle gagnait la tête penchée, l'avant-bras sur le ventre, enfonçant avec une ténacité de fourmi ses pas courts dans la poudre lourde. Son sac à cordelette n'arrêtait même pas ses tressautements lorsque j'appelais : "on se met là, dis ! " Et déjà je rampais avec des torsions de lézard sur le sommier sans fin, fumeux de soleil, plus tendre et chaud que le velours, d'une pâleur de drap. Mais avec Suzette on ne se mettait point là mais ici, au bord de la dune, à un emplacement que je n'ai jamais d'ailleurs pu repérer et dont sans doute elle-même ne se souvient plus comme elle a oublié l'ombre choisie du cyprès sous lequel elle garait toujours sa deux-chevaux, le capot au soleil cependant pour la retrouver fraîche vers sept heures, quand l'ombre aura tourné.

 

   Pour joindre les Rochelets on prenait par la route de Saint-Brévin certes, mais on ne grimpait pas toute la côte de la Hunaudais au sommet de laquelle deux moulins veillaient comme des tours redoutables, on s'esquivait à gauche par une route traversière  qui coupait le Boivre et ses marais. Après avoir franchi prudemment la Route Bleue, on obliquait sous un tunnel de ramures où l'or pleuvait dans la pénombre. Il y avait un carrefour en étoile comme dans les forêts. Puis les allées s'éclairaient tout à coup, si étroites pourtant encore qu'un grêle rameau de tamaris venait parfois frotter  sur la vitre les confiseries framboisées de ses fleurs.

 

   Ma soeur aînée reprenait ma mère lorsque celle-ci s'inquiétait de savoir s'il n'y avait pas eu trop de vent sur la plage à Saint-Brévin - "Aux Rochelets, tu veux dire ! C'était très supportable. On n'a même pas eu besoin de se mettre dans les dunes." Entre les familles de l'Océan et les colonies de l'Ermitage, les Rochelets devenaient alors le pré carré de ces dactylos, comptables, institutrices des alentours qui avaient coiffé Sainte-Catherine et n'oubliaient jamais dans leur sac de plage en tissu neuf leur rouge à lèvres et leur MarieClaire. Ma soeur hélait Line Merceron, avait pris tout à l'heure pour passagère Marie-Andrée arrivée de Saint-Jean-de-Boiseau à l'heure du café, venait de faire un détour par Mindin pour accueillir au bac la cousine de Pornichet ; et, tandis que je creusais sagement un trou à largeur de paume derrière le dos des papoteuses, j'entendais critiquer ou vanter, avec des protestations aiguës, des acquiescements dubitatifs ou des hilarités complices, tel recoin des falaises du Redois, telle anse de Sainte-Marie où l'eau était claire mais froide et le sable trop gros, la plage du Cormier qui était in-fecte, où c'était bien le genre d'Odette Chiron d'aller -"t'as vu comme elle a maigri ! " - pour conclure souvent que les Rochelets, après tout, c'était pas si mal, au moins quand il y avait pas trop de vent comme aujourd'hui et que c'était pas la pleine saison.

 

   Les Rochelets, de la façon preste dont Suzette enlevait le mot en posant la dernière syllabe sur une note diésée avec un raffinement debussien, avaient fini par fondre leur minéralité étrange -il n'y a pas de rochers aux Rochelets- dans une eau féminine, aussi précieuse et délicate que le parfum dont ma soeur tamponnait ses joues. Elle chancelait dans les plis des dunes  en balançant une gerbe d'oyats, ces joncs aux panaches touffus, cueillait avec des exclamations de délice un mince bouquet d'oeillets maritimes, faisait remarquer avant d'ouvrir la portière de la deux-chevaux les ciselures fines du feuillage de mimosa qui passait un petit mur...

 

   On ne partait pas toujours aussitôt en remontant de la plage, on flânait en repérant les nouvelles villas jusque -les premières années- chez le marchand de sucettes, qui en vendait des faites maison, tortillées, patinées d'argent, un rien élastiques au début, puis réduites à une concrétion de mousse rêche et cassable dont je goûtais jusqu'au bout, autour du gros bâtonnet, la fonte acidulée. Puis vint, avec celui de ma petite soeur, le temps des glaces et même, deux ou trois dimanches par saison, celui des pêches Melba dégustées à la terrasse de la Duchesse Anne, non loin du casino de l'Océan. Et, comme la marche ne paraissait pas si longue à mes jambes pourtant fatiguées, comme les cafés, la boutique du confiseur, les bazars, le manège de Saint-Brévin l'Océan faisaient une façon de centre-ville auquel les alentours se rapportaient, que tout à l'heure en regardant vers le Pointeau Suzette avait dit : "c'est noir de monde à l'Océan" sans qu'on pût apercevoir entre nous et les toits du casino la moindre rupture de grève, Les Rochelets, dont ma soeur voulait faire un nom de ville, finissait parfois jusqu'à ne plus recouvrir qu'un pan de sable incliné ou même, les jours où le vent désolait toute la plage de Saint-Brévin, une aisselle de dune au fond de laquelle je creusais sous le talus, entre les racines de chiendent.

 

 

 

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 10:40

 

 

 

   

 

                                          2-Mindin

 

   A l'autre extrémité du littoral brévinois, Mindin c'est la Loire et Saint-Nazaire au bout d'une esplanade désolée où la grand-route ne mène plus. C'était pour nous l'embarcadère, une annexe de la ville aux immeubles gris bleu dont les découpures semblaient pratiquées à même la bande de carton grisâtre qui s'obscurcissait à l'ouest en s'amincissant. Deux bacs, trois même à la grande époque faisaient la navette, grossissant par à-coups aux regards un temps distraits de l'attente. Sur l'eau d'un vert caoutchouteux et aux reflets de toile cirée, la minuscule nacelle détachée de la côte que sa forme me faisait confondre avec une pâtisserie fut très longtemps pour moi sans le moindre rapport avec cette ville flottante où il y avait des parkings, des ponts, des arcs de triomphe, des salles à manger d'hôtel aux boiseries claires, des odeurs de garage et de sardines. Le bateau transbordeur perdit enfin son mystère mais pour rythmer d'autres tourments. Je ressens encore ses grandes secousses quand il heurtait en partant dans la nuit d'hiver les énormes piliers noirs. Les vacances de Noël ou de mardi-gras peut-être étaient achevées. Après les adieux de l'embarcadère, je rentrais seul pour ma pension guérandaise cette terrible année de sixième. J'avais fui quelques gouailleurs condisciples pour m'isoler dans un coin du grand salon, près d'un hublot enténébré  où je collais mes yeux et mes larmes. Des vagues mauvaises, frôlées d'un glauque éclairage, rebondissaient dans l'ombre au rythme  grandissant du roulis comme si elles voulaient précipiter mon arrachement douloureux... Mais, les matins de printemps, n'allongeait-il pas exprès sa route ce vaisseau qui paressait dans l'estuaire bleui lorsque je guettais pour voir enfin sans son glacis de brume, au nord de la ville verte et rose, le portique d'un blanc de nougat près duquel déjà, peut-être, on m'attendait ? Arrivées...Départs... La fureur pontifère n'a pas seulement détruit un panorama d'exception, elle a fait cesser à tout jamais un jeu fécond de séparations et de retrouvailles qui pouvait élargir cet estuaire aux dimensions d'une vie d'homme. Les trois colonnes de madriers noircis languissent près de l'embarcadère désaffecté et la sirène qui secouait les viscères de son mugissement brutal ne résonne plus, lointaine que dans cet écho nasillard, dénaturé pour moi maintenant : Mindin !

 

 

 

 

                       

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 09:37

4/4
 
 
 
a) J'ai appelé "modulisme" cette façon concevoir l'origine des qualia et je me suis demandé si on pouvait faire du modulisme une véritable hypothèse scientifique susceptible d'être confirmée par l'expérience. J'ai trouvé au moins deux raisons de le croire.
 
 
b) La première est l'existence de la magnétoencéphalographie. Cette technique qui utilise un magnétomètre est apte à mesurer les variations du champ magnétique en un endroit donné du cerveau. Elle fournit des enregistrements de la courbe de variation dans laquelle la courbe de modulation produite par l'activité d'un module est susceptible d'être "contenue". Il est possible de conduire des expériences où l'enregistrement M.E.G. s'effectue pour un vécu sensoriel limité et simple : excitation d'une partie du corps très réduite et bien répertoriée, exposition à une odeur précise, audition d'une note donnée etc. Plus on trouvera d'homologies d'un individu à l'autre dans les courbes d'enregistrement, plus on montrera que le ou les quelques modules concernés "émettent" d'une façon spécifiquement identique d'un individu à l'autre. Des expériences ont d'ores et déjà montré par exemple que des excitations semblables à des doigts distincts de la main ou du pied produisaient des fréquences de modulation différentes de la courbe enregistrée au même moment par le magnétomètre.
 
 
c) Sans doute, pour être véritablement révélatrice, l'étude de la variation d'intensité du champ magnétique cérébral devrait atteindre une finesse que ne permet pas encore l'appareillage actuel et le réglage des protocoles d'expérience. Mais la recherche pourrait dès maintenant s'engager dans une seconde voie qui est celle de l'étude micro-anatomique des modules corticaux. Le fait que, pour un signal donné, "un nombre donné de neurones entreraient en activité de façon rigoureusement synchrone et ordonnée singulièrement" doit forcément être en corrélation avec la structure du module. L'arrangement des connexions en fonction des types de neurone, la distribution des longueurs d'axone en fonction de cet arrangement doivent avoir des caractéristiques fixes et distinctes de tout autre.
 
 
d) S'il est possible de lier le module à un type de sensation primaire très localisée et de le considérer comme une unité de production indépendante dans le système de production des contenus sensibles, il n'en reste pas moins que la production des sensations intéresse le plus souvent un grand nombre de modules à la fois, eux-mêmes connectés et s'activant de façon cohérente pour que le quale de la sensation résultante puisse s'établir. Cette idée, un peu absconse dans l'abstrait, s'éclaire aisément lorsqu'on parle, par exemple, du système visuel. On a dénombré dans le cortex visuel primaire un million de modules corticaux disposés de façon rétinotopique, c'est à dire reliés chacun par un axone du nerf optique à un point donné de la rétine. Dans ma vision moduliste des choses, il est évident que chacun de ces modules doit avoir une structure particulière liée au point de la rétine correspondant et il est évident que cette structure doit varier régulièrement selon deux paramètres : la distance du point à la fovéa et la direction de ce point par rapport à elle dans un repère bi-axial. Un module cortical lié à une zone de la rétine située dans la direction de 10h 10 à 2mm de la fovéa ne doit pas avoir la même structure qu'un autre situé à 3 mm dans la même direction ou à 2 mm dans la direction de 10h 11.
 
 
e) Si l'hypothèse moduliste ne correspond pas à la réalité et si l'émergence des qualia se fait à partir des seuls parcours des potentiels d'action dans les axones, les modules corticaux ne sont plus que des centres de tri interchangeables pour peu qu'ils soient reliés aux bons axones. Ils n'ont plus besoin d'avoir chacun une structure particulière semblable, si l'on veut, à celle d'une boîte à musique apte à jouer une collection particulière de mélodies caractérisées. Au CNRS, on a construit un robot pourvu de l'équivalent des yeux d'une mouche (six mille espaces rétiniens). Ce robot est capable de se déplacer en évitant les obstacles. Il est évident que chaque cellule photosensible des yeux artificiels est relié au système central de la même façon mais pas par les mêmes fils. Cela permet au système de fonctionner avec une logique qui calque tout à fait la logique connexionniste. Pour la mouche réelle, chaque ommatidie, qui représente une division de l'espace rétinien, est reliée à un axone. Chaque axone est relié à l'équivalent d'un module cortical visuel d'une centaine de neurones environ. Tous les modules visuels sont interconnectés et reliés au reste du cerveau de la mouche.
 
 
f) A partir de là, en raisonnant simplement, on peut faire les hypothèses suivantes :
 
 
1°hypothèse : les structures de tous les modules corticaux visuels sont quasiment identiques.
 
 
On peut conclure de cela soit que la mouche ne voit pas plus que l'ordinateur, soit que l'ordinateur voit autant que la mouche, soit que le quale de l'image est une réalité émergente d'un corps vivant pour une raison totalement inconnue.
 
 
2°hypothèse : les structures de tous les modules corticaux visuels varient de façon régulière en fonction de la position de l'ommatidie correspondante.
 
 
g) On peut alors conclure qu'il y a entre la structure de l'ordinateur du robot et celle du cerveau de la mouche une différence qui s'accorderait avec la différence de fonctionnement dans l'hypothèse moduliste, qu'on peut comprendre ainsi que le quale se forme dans le cerveau de la mouche comme il se forme dans le nôtre tandis qu'il ne se forme pas dans l'ordinateur.
 
 
h) On a répertorié maintenant le million de neurones qui constituent le cerveau de la mouche. On en compte, je l'ai dit, pas plus d'une centaine par module. Trancher entre les deux hypothèses est un jeu d'enfant pour les chercheurs qui s'en donneraient la peine. Encore faudrait-il qu'ils en soient persuadé de l'intérêt...

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 09:24

 je recopie ci-dessous la présentation de cette vidéo pour youtube, le 22 janvier :

Deux semaines nantaises bien emplies des mots et des phrases de Robert Walser, de ses "Microgrammes" et autres Petites Proses, tout cela éparpillé, disséminé et bruissant dans les librairies, salons de thé, cafés nantais et parmi les bosquets du Jardin des Plantes. Merci aux "amis de Vasse" formés en brigade pour l'occasion et à Yves Arcaix menant sa vaillante troupe d'une main de maître inspiré...

 

 

 

 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 15:15
 

Il y a un mois, personne ne doutait que Sarkozy allait perdre la présidentielle. Aujourd'hui ses perspectives de la gagner commencent à devenir réellement inquiétantes. C'est Mélenchon qui a changé la donne et, bien sûr, ceux qui le suivent.

 

Si jamais Mélenchon fait plus de voix que Hollande comme il en exprime plus que jamais la volonté, alors Sarkozy est élu avec entre 55 et 60 pour cent des voix. Il récupère non seulement toutes les voix de l'UMP et l'essentiel des voix du Front national mais presque toutes les voix de Bayrou. Et les plus modérés des socialistes risquent de s'abstenir.

 

Si Hollande arrive malgré tout en tête à gauche mais que Mélenchon fait un bon score, supérieur à 15 % des voix, alors Hollande est placé dans une position d'équilibre très périlleuse. Ou il refuse la négociation que réclamera peu ou prou le front de gauche par Mélenchon interposé et alors l'abstention à gauche a tout risque d'être suffisante pour permettre à Sarkozy de l'emporter. Ou il accepte de prendre de nouveaux engagements et c'est l'électorat de Bayrou qui s'abstient ou même se résigne à voter très majoritairement pour Sarkozy et lui donner la victoire. Evidemment on peut compter sur Sarkozy, ses habiletés manoeuvrières, sa façon de jouer avec les  promesses, les divisions et les peurs pour augmenter les chances que les seules réalités politiques lui donneront.

 

Le vote pour Hollande au premier tour n'est pas qu'un vote utile, c'est un vote indispensable si on ne veut pas de la réélection de Sarkozy.

 

Si l'on veut que Hollande fasse une réelle politique de gauche, ce sera au moment des législatives qu'il faudra voter en conséquence. Avant, c'est à dire le 22 avril, ça ne peut servir qu'à faire élire Sarkozy et donc à enterrer tout espoir à gauche.

 
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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 07:23

Une grande partie de mes occupations en janvier a été de participer à ce mois Walser, voulu et conçu par Yves Arcaix, assistant du directeur de la salle Vasse. Robert Walser est un écrivain suisse de langue allemande, ami de Musil et de Kafka, qui a passé les dernières années de sa vie interné dans une clinique psychiatrique. Il a écrit beaucoup de textes introspectifs mélangeant l'observation de la vie quotidienne à une fantaisie à la limite du surréalisme, nourrie de philosophie et allégée de beaucoup d'humour...

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 07:06

                                              SAINT-BREVIN

                                                   (promenade)

 

                                                      1- L'Ermitage

 

   Autant Pornic vous a des allures de petite ville, montueuse, resserrée, incrustée toute entière sur le récif de son nom, autant Saint-Brévin semble se perdre dans une plage forestière dont la toponymie sauvage mime l'étirement : l'Ermitage, les Rochelets, Saint-Brévin l'Océan, Saint-Brévin-les-Pins... Promenez-vous sur la plage de l'Océan en décembre, voyez de la Pierre Attelée au Pointeau les rafales cingler la croupe des dunes poilues d'oyats et de chiendents sous des giclées de sable pâle, suivez au-dessus, comme la reptation d'un serpent immense l'ondoiement des frondaisons de pins confondues dans un déroulement de cuir écailleux : vous frémirez des tremblements d'un autre âge, vous vous croirez revenu au temps des dolmens et des menhirs dont les dépliants touristiques font état et que j'avoue, à ma grande confusion, n'avoir encore jamais repérés.

 

   Cet étirement de ville plage, mes souvenirs d'enfance le tendent à la cassure. J'y retrouve l'Ermitage isolé. Pour y aller de Saint-Père on ne montait pas la rue de Saint-Brévin, on descendait au contraire celle de Pornic, on tournait devant le grand calvaire du Prieuré pour s'engager sur la route droite de Saint-Michel, puis on bifurquait soudain sur une vicinale étroite et louvoyante, bordée de fourrés, de taillis, de cours de ferme et qu'on désignait par l'appellation accapareuse et bonhomme de route à nous. La route à nous, qui était de ces itinéraires confondus pour moi avec des liens de famille, menait aux cousins de l'Ermitage aussi sûrement que le bac de Mindin conduisait à la cousine de Pornichet. Après avoir sinué dans les premières pinèdes, la traction s'arrêtait au bord de la Route Bleue que le flot ronflant des voitures semblait rendre à tout jamais infranchissable. Mon père klaxonnait. Toute une tribu d'enfants qui jouait sur un lopin étroit, mal clos et à peine ombragé se mettait à nous faire des signes sur l'autre rive. Léontine sortait de la roulotte. Dix bonnes minutes plus tard, son grand Joseph de mari nous assurait avec un accent provençal qu'il y avait moins de passageu qu'hiereu et que c'était pas la Côteu d'Azur. Ma cousine du Midi avait épousé ce colosse auvergnat qui livrait encore le charbon près de Nice,serviable comme pas un, nous pêchant des pleins seaux de boucauds et de moules à la Roussellerie, n'oubliant jamais de revenir nous voir à la Painteucote  et de faire presque aussi rituellement à ma forte et languissante cousine une marmaille criaillante, barbouillée et morveuse, à l'accent de soleil. Il avait fallu bientôt pour elle construire un cabanon à forme de garage  et adjoindre encore à la roulotte une ou deux toiles de tente. Assis sur un pliant, les jambes en pattes de grenouille, embarrassé de ses longs bras, le grand Joseph -quand ses gosses se calmaient un peu, qu'on entendait moins le bruit des voitures, qu'un régiment de petits colons ne longeait pas la clôture de barbelés en hurlant un chant martial- le grand Joseph n'avait rien dans son long visage sérieux qui pût démentir sa candeur philosophe lorsqu'il prononçait méditativement : "Je me le sens le calmeu ici peuchère, c'est pas comme à Niceu !"

 

   Le havre du bon Joseph jouxtait le domaine de la Pierre Attelée, mais comme le car du Patronage qui nous y conduisait le mercredi y accédait par la route de Saint-Michel, il me mène à une région de mes souvenirs, rupestre et aventureuse, qui est aussi liée aux rochers de la Roussellerie qu'elle est loin des cousins de l'Ermitage. Un feu dans une grotte de la falaise, des explorations de blockhaus, des crêtes de dunes plantées de genêts et de chênes verts d'où l'on glissait en toboggan dans des écroulements de sable, de mystérieux jeux de traître qui vous faisaient des après-midis de Bayard ou de Machiavel avec embuscades, batailles de vies, cavalcades sous les pins et glorieuses estafilades de ronces, immenses bateaux de sable construits pour défier la vague maligne par les jours gris où l'on ne se baignait pas, relent des tasses amères, sueur délicieuse, encollement parfumé de sel, de résine et de sable sur le sang coagulé des griffures... Mes souvenirs tournoient très loin, jusqu'aux temps des vicaires à soutane où l'on partait pour l'Ermitage à l'arrière du camion bâché de chez Rouaud, où l'on chantait en s'époumonant sous le crachin qui gâtait ces juillets-là mais emperle ma nostalgie : "Va, va, ma petite Jeannette ! Va, va, le beau temps reviendra ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! "

 

 

 

 

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