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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 11:08

Il est bien sûr impossible de faire le compte exact des victimes des bombardements français mais, en extrapolant les rares informations qui filtrent, on peut les estimer à au moins six ou sept dizaines par jour et penser qu'elles ont pu parfois dépasser les cents.

 

Le 12 janvier les bombardements très violents de Konna ont été suivis le 13 de raids aériens dans le Nord Mali qui ont peut-être été encore plus meurtriers.

 

Le 15 janvier c'est au tour de Tibbaly où plusieurs centaines de combattants islamistes sont présents de subir des frappes aériennes. Ensuite c'est Gao, Niono, Diré, Sévaré, Douentza qui sont exposées à des bombardements. Un camp d'AQMI où vraisemblablement se trouvent de centaines de djihadistes sera pilonné à Tombouctou. Et les bombardements ciblant des concentrations de combattants seront répétées.

 

Les derniers bombardements sur Kidal qui ont détruit la maison du chef d'Ansar Dine ont très probablement fait plus d'une centaine de victimes aux alentours.

 

Les rares témoignages sur les lieux bombardés font frémir. En particulier ceux sur la ville de Konna où des correspondants de guerre étrangers ont pu se rendre. Mauradou Bocaun écrit ainsi dans La voix de l'Amérique : "Konna est une ville cicatrisée, une ville martyrisée par les bombardements de l'aviation française."

 

Les civils n'ont pas été épargnés bien sûr par les bombardements. A Konna ils n'ont été pas moins de douze dont au moins deux femmes et trois enfants : Zeinab, 6 ans, Alean, 10 ans et Ali 11 ans. Ces chiffres tout à fait minimaux doivent au moins être multipliés par le nombre de villes bombardées depuis qui s'élèverait à dix. 120 morts de civils causées directement par les bombardements, voilà une estimation raisonnable mais très probablement à revoir à la hausse des femmes, enfants et vieillards massacrés au Mali par les bombes françaises.

 

Mais si les bombes sont un instrument de mort auquel les combattants musulmans comme les civils maliens ne peuvent échapper, si en plus elles produisent des blessures souvent atroces aux survivants des explosions, les victimes liées au conflit ne se trouvent pas que dans les bombardements. Des journalistes étrangers ont aussi rapporté les exécutions sommaires qui accompagnent la prise des lieux par l'armée gouvernementale. Certains ont été fusillés simplement parce qu'ils n'avaient pas de passeport. Le mot d'ordre de Hollande : "il faut détruire les terroristes" ne peut, on l'a dit, que produire des ravages dans une population traumatisée par le déchaînement de feu qui précède ou accompagne l'arrivée des troupes françaises et qui se trouve encadrée par une armée malienne mal formée, mal disciplinée, comprenant même des enfants soldats. En plus il faudrait aussi comptabiliser les morts de maladie et de malnutrition chez les plus de 400000 réfugiés qui ont fui les zones de combat, souvent à l'étranger et dans des camps de misère...

 

L'opération Serval à commencé alors que des négociations étaient engagées entre des représentant du pouvoir de Bamako, l'AQMI et le MNLA. Depuis de nouvelles demandes de négociations ont été faites par les rebelles. Mais les autorités françaises ne semblent pas vouloir plus les écouter qu'elles ne veulent compter les victimes de la violente invasion qu'elles ont lancée...

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 11:06

Il est bien sûr impossible de faire le compte exact des victimes des bombardements français mais, en extrapolant les rares informations qui filtrent, on peut les estimer à au moins six ou sept dizaines par jour et penser qu'elles ont pu parfois dépasser les cents.

 

Le 12 janvier les bombardements très violents de Konna ont été suivis le 13 de raids aériens dans le Nord Mali qui ont peut-être été encore plus meurtriers.

 

Le 15 janvier c'est au tour de Tibbaly où plusieurs centaines de combattants islamistes sont présents de subir des frappes aériennes. Ensuite c'est Gao, Niono, Diré, Sévaré, Douentza qui sont exposées à des bombardements. Un camp d'AQMI où vraisemblablement se trouvent de centaines de djihadistes sera pilonné à Tombouctou. Et les bombardements ciblant des concentrations de combattants seront répétées.

 

Les derniers bombardements sur Kidal qui ont détruit la maison du chef d'Ansar Dine ont très probablement fait plus d'une centaine de victimes aux alentours.

 

Les rares témoignages sur les lieux bombardés font frémir. En particulier ceux sur la ville de Konna où des correspondants de guerre étrangers ont pu se rendre. Mauradou Bocaun écrit ainsi dans La voix de l'Amérique : "Konna est une ville cicatrisée, une ville martyrisée par les bombardements de l'aviation française."

 

Les civils n'ont pas été épargnés bien sûr par les bombardements. A Konna ils n'ont été pas moins de douze dont au moins deux femmes et trois enfants : Zeinab, 6 ans, Alean, 10 ans et Ali 11 ans. Ces chiffres tout à fait minimaux doivent au moins être multipliés par le nombre de villes bombardées depuis qui s'élèverait à dix. 120 morts de civils causées directement par les bombardements, voilà une estimation raisonnable mais très probablement à revoir à la hausse des femmes, enfants et vieillards massacrés au Mali par les bombes françaises.

 

Mais si les bombes sont un instrument de mort auquel les combattants musulmans comme les civils maliens ne peuvent échapper, si en plus elles produisent des blessures souvent atroces aux survivants des explosions, les victimes liées au conflit ne se trouvent pas que dans les bombardements. Des journalistes étrangers ont aussi rapporté les exécutions sommaires qui accompagnent la prise des lieux par l'armée gouvernementale. Certains ont été fusillés simplement parce qu'ils n'avaient pas de passeport. Le mot d'ordre de Hollande : "il faut détruire les terroristes" ne peut, on l'a dit, que produire des ravages dans une population traumatisée par le déchaînement de feu qui précède ou accompagne l'arrivée des troupes françaises et qui se trouve encadrée par une armée malienne mal formée, mal disciplinée, comprenant même des enfants soldats. En plus il faudrait aussi comptabiliser les morts de maladie et de malnutrition chez les plus de 400000 réfugiés qui ont fui les zones de combat, souvent à l'étranger et dans des camps de misère...

 

L'opération Serval à commencé alors que des négociations étaient engagées entre des représentant du pouvoir de Bamako, l'AQMI et le MNLA. Depuis de nouvelles demandes de négociations ont été faites par les rebelles. Mais les autorités françaises ne semblent pas vouloir plus les écouter qu'elles ne veulent compter les victimes de la violente invasion qu'elles ont lancée...

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 10:12

Dans un temps où l'information nationale se veut toute au diapason d'un patriotisme guerrier, il faut écouter l'exposé méthodique, clair et pertinent du Belge Michel Colon. Et ceux qui continueront à soutenir l'intervention sauront au moins pourquoi ils le font.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 10:08

Entendre en 2013 un président français, socialiste de surcroît, lancer cette injonction :"il faut détruire les terroristes"  dans un pays aussi pauvre et fragile que le Mali, bouleversé par la guerre civile, où l'armée régulière est pratiquement livrée à elle-même, où l'armée française attaque partout sans but clair sinon de casser du rebelle, il y avait de quoi un petit peu se révolter !

Et s'inquiéter pas moins ! Un article du Monde.fr publié hier soir à 21h 13 ne peut que nourrir l'inquiétude. A Mopti, par exemple, c'est la chasse à l'homme. Un témoin affirme avoir vu un homme fusillé par l'armée au sein du camp. Des rumeurs font état de dizaines de cas de personnes emmenées dans le cimetière et tuées. La FDIH enquête notamment sur dix cas présumés, à Sévaré, un faubourg de la ville. Florent Geel, responsable du bureau Afrique de l'organisation, précise que la FIDH est "sûre à 100 % qu'une personne, accusée d'appartenance avec les groupes armés djihadistes et qui a pu être identifiée, a disparu."

Dans la population les dénonciations se multiplient aboutissant à des arrestations et des détentions sans contrôle de la FIDH  qui se voit interdite d'accès aux camps militaires, notamment au sein du quartier général de l'armée à Sévaré, lieu certain de détention de plusieurs personnes. A côté des dénonciations qui se multiplient et dont les conséquences peuvent faire tout craindre sans pouvoir être mesurées, le risque de représailles est grand "notamment envers les Touareg, qui ont été vus nombreux à quitter Tombouctou et Gao après le début de l'intervention française", s'alarme Florent Geel.

Arrestations arbitraires, exécutions sommaires, tortures sans doute, représailles sauvages : l'intervention française mal contrôlée, sans limites claires, soutenue par une armée locale qui ne pense qu'à la revanche contre les djihadistes ne peut que répercuter dans ses conséquences les plus extrêmes l'irresponsable consigne du président français.

Il serait grand temps qu'il parle un autre langage !

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 10:06

Villepin a précisé pertinemment pourquoi cette guerre mal engagée est une mauvaise guerre. On voudrait rapidement évoquer en quoi l'espèce de propagande qu'on nous assène brasse les fausses raisons pour nous cacher la bonne.

 

La demande d'assistance d'un président ? Soit, mais quel président ? Un président, Dioncounda Traoré, désigné en avril mais par intérim dans un pays où le pouvoir a perdu après coup d'Etat toute légitimité démocratique.. Et comment justifier une attaque militaire pour répondre à la demande d'un chef d'Etat quand on a attaqué la Lybie pour évincer Khadafi qui en était le chef légitime et qu'on réclamait de faire la même chose en Syrie contre Assad ? On ne peut pas attaquer un pays en état de guerre civile un jour parce que les rebelles appellent à l'aide et l'autre parce que c'est le chef officiel (sinon légitime du moins légal).

 

La lutte contre Al Qaeda ? Là encore le prétexte apparaît curieux puisque les combattants d'AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) qu'on attaque en force sont ceux-là même qui soutenaient ouvertement la rébellion lybienne. Mieux, comme Khadafi ne cessait de le clamer, des djihadistes d'Al Quaeda ont bel et bien combattu avec les opposants du colonel. Et ces islamistes-là participent maintenant au pouvoir en Lybie.

 

La sécurité des Français ? La guerre, présentée essentiellement comme un combat antiterroriste aurait pour objectif fondamental un renforcement de la sécurité des Français. Evidemment on a du mal à le montrer pour ce qui s'agit des sept otages d'ores et déjà sacrifiés. Mais on n'hésite pas à mettre cette raison en avant pour les 7000 ressortissants français résidents au Mali. Or, sauf à transformer l'attaque en guerre d'extermination contre tout ce qui ressemble là-bas à un djihadiste, on voit bien comment la guerre ne peut que fragiliser la sécurité des français présents. Pour l'immédiat et surtout pour le futur. Les attaques lourdement meurtrières de l'armée française (ce qu'on sait mais ne dit pas) ne peuvent que développer un esprit de vengeance chez les combattants islamistes. Pour ce qui est enfin de la sécurité des Français de métropole, la réponse se trouve directement dans le renforcement du plan Vigipirate. Si la guerre est là pour accroître la sécurité contre les menaces terroristes, pourquoi renforcer la prévention ici ?

 

Le combat contre un ordre islamique tyrannique au Mali ? Certes la loi que font régner les troupes d'AQMI au Mali révolte nos principes occidentaux et peut être considérée comme inacceptable à notre époque. Mais ce n'est pas en plaçant les tenants de cette loi comme les talibans en Afghanistan en position de défenseurs uniques du pays contre l'invasion d'une armée occidentale qu'on agira efficacement contre les abus des islamistes d'AQMI. Pas plus qu'on ne l'a fait en Afghanistan contre les talibans.

 

Toutes ces fausses raisons sont un rideau de fumée pour voiler la véritable. Et la véritable est la défense des intérêts économiques de la France et de l'Europe en crise. Il y a bel et bien un désir de renforcer la sécurité mais pas la sécurité de chaque français, la sécurité d'entreprises et de projets actuellement menés. Je n'en citerai que deux :

1-Un énorme projet d'installation de paneaux solaires géants appelé DESERTEC. Ce parc solaire qui fournirait à l'Europe une quantité d'électricité très appréciable doit être sécurisé.

2-L'investissement de 1,5 milliards d'euros d'AREVA pour la mine d'uranium d'Imouraren récemment créée au Niger et qui s'accompagne de la venue de centaines de Français et d'Européens pour fonder une véritable ville minière. La sécurité de ce projet impose bien entendu que le Mali reste étroitement sous contrôle occidental.

 

La guerre, moyen de lutter contre la crise en renforçant le pillage des ressources des peuples faibles... Sous les mirages de la propagande, rien de nouveau sous le soleil, fût-il du désert.

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    20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 21:13

    Bon, je maintiens ce que j'ai dit sur la démocratie à Bruxelles et sur la vérité qui viendrait de Belgique. Mais je n'avais peut-être pas trouvé le bon  Belge, voilà tout.

    Errare gallicum est

    Cette fois-ci, c'est la bonne, je vous jure.

    Je vous implore d'écouter de bout en bout ce Michel Collon. Et vouez-moi aux gémonies si vous le regrettez après coup  !

     

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    19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 20:37

    Il arrive parfois que ce qui nous tient à coeur et qu'on essaie laborieusement de formuler  quelqu'un soudain s'en empare, le dit de façon claire, juste, claquante. Quelques outrances peut-être, quelques témérités, quelques maladresses, mais c'est tellement ça qu'il faut dire de cette vibrante façon, c'est d'une telle évidence, c'est, pour l'essentiel, si criant de vérité ! Et qui le dit ? Un parlementaire et dans l'enceinte même du parlement. Mais, ne rêvons pas, ce n'est pas au pays des droits de l'homme, du bon sens et de la Révolution. . Ce n'est pas au pays de De Gaulle et de Jaurès. C'est dans la toujours surprenante et sympathique Belgique. C'est vrai, la voix de ce courageux Laurent Louis n'empêchera pas les Belges de participer à la guerre au Mali. Mais elle fera date, comme un appel à la vraie résistance !

    Mali : quand la vérité sur la guerre au Mali et sur dix ans d'histoire coloniale vient de la bouche d'un député belge, Laurent Louis, dans un retentissant discours au parlement de Bruxelles.

    http://youtu.be/TW9kWe3MI-M

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    16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 14:22

    Entendre en 2013 un président français, socialiste de surcroît, lancer cette injonction :"il faut détruire les terroristes"  dans un pays aussi pauvre et fragile que le Mali, bouleversé par la guerre civile, où l'armée régulière est pratiquement livrée à elle-même, où l'armée française attaque partout sans but clair sinon de casser du rebelle, il y avait de quoi un petit peu se révolter !

    Et s'inquiéter pas moins ! Un article du Monde.fr publié hier soir à 21h 13 ne peut que nourrir l'inquiétude. A Mopti, par exemple, c'est la chasse à l'homme. Un témoin affirme avoir vu un homme fusillé par l'armée au sein du camp. Des rumeurs font état de dizaines de cas de personnes emmenées dans le cimetière et tuées. La FDIH enquête notamment sur dix cas présumés, à Sévaré, un faubourg de la ville. Florent Geel, responsable du bureau Afrique de l'organisation, précise que la FIDH est "sûre à 100 % qu'une personne, accusée d'appartenance avec les groupes armés djihadistes et qui a pu être identifiée, a disparu."

    Dans la population les dénonciations se multiplient aboutissant à des arrestations et des détentions sans contrôle de la FIDH  qui se voit interdite d'accès aux camps militaires, notamment au sein du quartier général de l'armée à Sévaré, lieu certain de détention de plusieurs personnes. A côté des dénonciations qui se multiplient et dont les conséquences peuvent faire tout craindre sans pouvoir être mesurées, le risque de représailles est grand "notamment envers les Touareg, qui ont été vus nombreux à quitter Tombouctou et Gao après le début de l'intervention française", s'alarme Florent Geel.

    Arrestations arbitraires, exécutions sommaires, tortures sans doute, représailles sauvages : l'intervention française mal contrôlée, sans limites claires, soutenue par une armée locale qui ne pense qu'à la revanche contre les djihadistes ne peut que répercuter dans ses conséquences les plus extrêmes l'irresponsable consigne du président français.

    Il serait grand temps qu'il parle un autre langage !

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    16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 08:05

    Villepin a précisé pertinemment pourquoi cette guerre mal engagée est une mauvaise guerre. On voudrait rapidement évoquer en quoi l'espèce de propagande qu'on nous assène brasse les fausses raisons pour nous cacher la bonne.

     

    La demande d'assistance d'un président ? Soit, mais quel président ? Un président, Dioncounda Traoré, désigné en avril mais par intérim dans un pays où le pouvoir a perdu après coup d'Etat toute légitimité démocratique.. Et comment justifier une attaque militaire pour répondre à la demande d'un chef d'Etat quand on a attaqué la Lybie pour évincer Khadafi qui en était le chef légitime et qu'on réclamait de faire la même chose en Syrie contre Assad ? On ne peut pas attaquer un pays en état de guerre civile un jour parce que les rebelles appellent à l'aide et l'autre parce que c'est le chef officiel (sinon légitime du moins légal).

     

    La lutte contre Al Qaeda ? Là encore le prétexte apparaît curieux puisque les combattants d'AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) qu'on attaque en force sont ceux-là même qui soutenaient ouvertement la rébellion lybienne. Mieux, comme Khadafi ne cessait de le clamer, des djihadistes d'Al Quaeda ont bel et bien combattu avec les opposants du colonel. Et ces islamistes-là participent maintenant au pouvoir en Lybie.

     

    La sécurité des Français ? La guerre, présentée essentiellement comme un combat antiterroriste aurait pour objectif fondamental un renforcement de la sécurité des Français. Evidemment on a du mal à le montrer pour ce qui s'agit des sept otages d'ores et déjà sacrifiés. Mais on n'hésite pas à mettre cette raison en avant pour les 7000 ressortissants français résidents au Mali. Or, sauf à transformer l'attaque en guerre d'extermination contre tout ce qui ressemble là-bas à un djihadiste, on voit bien comment la guerre ne peut que fragiliser la sécurité des français présents. Pour l'immédiat et surtout pour le futur. Les attaques lourdement meurtrières de l'armée française (ce qu'on sait mais ne dit pas) ne peuvent que développer un esprit de vengeance chez les combattants islamistes. Pour ce qui est enfin de la sécurité des Français de métropole, la réponse se trouve directement dans le renforcement du plan Vigipirate. Si la guerre est là pour accroître la sécurité contre les menaces terroristes, pourquoi renforcer la prévention ici ?

     

    Le combat contre un ordre islamique tyrannique au Mali ? Certes la loi que font régner les troupes d'AQMI au Mali révolte nos principes occidentaux et peut être considérée comme inacceptable à notre époque. Mais ce n'est pas en plaçant les tenants de cette loi comme les talibans en Afghanistan en position de défenseurs uniques du pays contre l'invasion d'une armée occidentale qu'on agira efficacement contre les abus des islamistes d'AQMI. Pas plus qu'on ne l'a fait en Afghanistan contre les talibans.

     

    Toutes ces fausses raisons sont un rideau de fumée pour voiler la véritable. Et la véritable est la défense des intérêts économiques de la France et de l'Europe en crise. Il y a bel et bien un désir de renforcer la sécurité mais pas la sécurité de chaque français, la sécurité d'entreprises et de projets actuellement menés. Je n'en citerai que deux :

    1-Un énorme projet d'installation de paneaux solaires géants appelé DESERTEC. Ce parc solaire qui fournirait à l'Europe une quantité d'électricité très appréciable doit être sécurisé.

    2-L'investissement de 1,5 milliards d'euros d'AREVA pour la mine d'uranium d'Imouraren récemment créée au Niger et qui s'accompagne de la venue de centaines de Français et d'Européens pour fonder une véritable ville minière. La sécurité de ce projet impose bien entendu que le Mali reste étroitement sous contrôle occidental.

     

    La guerre, moyen de lutter contre la crise en renforçant le pillage des ressources des peuples faibles... Sous les mirages de la propagande, rien de nouveau sous le soleil, fût-il du désert.

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    19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 11:01

     

    Il est beaucoup question de droit en ce moment. Et particulièrement du droit à la liberté d'expression. En fonction de ce droit, You Tube diffuse une vidéo qui caricature violemment le prophète Mahomet et offense la sensibilité religieuse de millions de musulmans. En fonction de ce même droit, You Tube refuse de la retirer de son site. Le gouvernement des Etats-Unis qui pourrait forcer la main à l'entreprise américaine et qui pourrait être tenu en partie responsable d'une vidéo tournée sur le sol des Etats-Unis par des ressortissants états-uniens refuse d'agir efficacement et fermement,  toujours au nom de la liberté d'expression. En France, une actrice invitée par un grand media peut exposer longuement son islamophobie. Enfin, ce matin, un hebdomadaire publie des caricatures pornographiques  du prophète, toujours au nom de la liberté d'expression.

     

    Parallèlement à cela, samedi, à Paris, quelque 250 manifestants de confession musulmane qui voulaient se rendre à proximité de l'ambassade américaine sont refoulés sans ménagements, maintenus un instant à l'écart, étroitement encadrés par les forces de police, puis, pour la plupart, arrêtés. Manuel Valls, le ministre de l'intérieur, justifie ce recours à la force par le prétexte que la manifestation n'aurait pas été déclarée, que quelques manifestants se trouvaient revêtus d'habits rituels et que des slogans hostiles à un "pays allié" auraient été proférés.

     

    Plusieurs demandes de manifestation ont été adressées à des préfectures pour samedi prochain. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, les a déjà rejetées, arguant que ces manifestations seraient des appels à la haine et à l'intolérance.

     

    Au nom de quoi affirmer a priori que les musulmans, en manifestant, ne pourraient exprimer que de la haine et de l'intolérance ? Quel mépris sous-tend ce procès d'intention ! Certes, dans une protestation d'ampleur, il peut toujours y avoir des accents de colère de la part de quelques excités. Mais ce n'est pas la colère,  je crois, qu'entendent d'abord exprimer les musulmans, c'est la souffrance. Souffrance d'être la cible constante d'attaques qui visent tour à tour et parfois en même temps leur religion et la communauté qu'ils représentent, souffrance de sentir une islamophobie mêlée d'arabophobie qui serait protégée par toutes les libertés d'expression quand eux n'auraient que celle de se taire.

     

    Qu'on veuille leur refuser d'exprimer cette souffrance, de réclamer l'arrêt des attaques dont ils sont l'objet, on prendrait un bien plus grand risque que de les laisser manifester dans la dignité et le calme. Et l'on commettrait une injustice tout simplement.

     

     


     
     

     

     

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