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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 14:05

 

Une enseignante de Seine-Maritime vient d'être suspendue pour avoir demandé à ses élèves une minute de silence à la mémoire de Mohamed Merah. Certes l'initiative était discutable. Mais y a-t-il eu discussion ? Non ! la sentence a été immédiate sans qu'on laisse l'intéressée s'expliquer, justifier la raison de sa demande, la réflexion qu'elle voulait sans doute entamer avec sa classe à partir de là. Peut-être sur ces minutes de silence qu'on commande aux enfants depuis le 11 septembre 2001, sur leur sens unique et qui peut être un sens inique.

 

Le 11 mars, le sergent Robert Bales de l'armée américaine est entré l'arme au poing dans des maisons de villageois afghans. Il a tué dix sept personnes, pas sept, dix-sept, et des enfants là aussi, et des femmes. Le président de la république est-il descendu dans une école primaire pour dire à des bambins que Robert Bales était un monstre ? Quand des manifestations secouaient l'Afghanistan partout contre ce terrible crime de guerre, y a -t-il eu une minute de silence réclamée aux écoliers français ? Mais quoi ! me dira-t-on, c'est loin de nous, ça ne nous concerne pas vraiment ! Mais alors, si ça ne nous concerne pas, que font les militaires français là-bas ? Pourquoi sont-ils les compagnons d'armes des Robert Bales ? Pourquoi font-ils la même guerre, contre le même peuple en obéissant aux mêmes chefs ?

 

Robert Bales, un isolé ?  Le dix neuf septembre 2009, une unité des forces otaniennes arrive par avion près de la frontière pakistanaise, les militaires font sortir des maisons dix personnes, dont huit écoliers de 13 à 18 ans et les abattent sur place. Des étudiants manifestent dans plusieurs villes d'Afghanistan, brûlent des mannequins et des drapeaux pour protester. Et du silence ici ? Ah oui, du silence ! Du silence pour taire l'information, pas pour s'en émouvoir ! Et des silences de black out aussi sur tant de villages écrasés de bombes par bavure et dont on ressort femmes et enfants tués ou infirmes.

 

Du silence d'étouffement aussi, sur ce million de morts musulmans au moins par suite de l'invasion et occupation de l'Irak, sur ces plusieurs millions de blessés dont beaucoup condamnés à la mort lente après irradiation à l'uranium appauvri.

 

On n'étouffe pas la vérité tout le temps, partout. Les frères, les cousins, les copains, les jeunes coreligionnaires de Mohamed Merah finissent par la savoir sur le banc des écoles où on leur commande des minutes de silence toujours pour les mêmes victimes. Et jamais pour celles en qui ils peuvent reconnaître de lointains frères ou soeurs de foi, et donc de coeur.

 

Je veux bien qu'on condamne la minute de silence de l'enseignante de Rouen. Mais qu'on réfléchisse à deux fois avant d'en ordonner de futures aux gosses. On doit leur apprendre l'arithmétique aussi  et la distinction juste des poids et des mesures.

 

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Published by les carnets de Clément Dousset - dans politique
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